Rentrée sous tension : pourquoi les enfants pourraient être privés de cars scolaires ?

Les sociétés de transport scolaire font face à une pénurie très importante de chauffeurs de cars. “8 000 conducteurs pour assurer les services” manqueraient à l’appel, selon la Fédération nationale des transports de voyageurs.

“Près de 20 % des enfants qui ne pourront pas être transportés à la rentrée”, l’alerte de Jean-Sébastien Barrault, président de la Fédération nationale des transports de voyageurs (FNTV) est claire.

Le responsable évoque ce mercredi 8 juin sur France Info une forte pénurie de conducteurs de bus scolaires. Une mauvaise nouvelle pour la rentrée qui s’ajoute à la hausse du prix des fournitures scolaires et celle – probable – du tarif des cantines. Selon le décompte de la FNTV, ce sont entre “7 000 et 8 000 conducteurs” qui pourraient manquer à l’appel en septembre. “C’est un véritable cri d’alarme que lance notre profession aujourd’hui”, alerte Jean-Sébastien Barrault.

Les raisons de la crise

Le Figaro évoquait dès lundi plusieurs raisons qui expliquent en partie cette pénurie de personnel. 

Avec la pandémie de Covid-19 et les périodes de confinement, les transports scolaires ont été fortement perturbés. “De nombreux chauffeurs ont, à cette occasion, quitté la profession”, rappelait alors le président de la FNTV. Le second facteur de manque de chauffeur est systémique. “Les conducteurs occupent un poste à temps partiel, avec des horaires qui ne leur permettent pas de cumuler avec un autre poste de travail”, affirme Ludivine Dubernet de l’Union nationale des organisations syndicales des transporteurs routiers automobiles (Unostra). 

Un métier peu attractif

Enfin, le métier n’est plus attractif. Comme dans de nombreux secteurs, les salaires ne suivent pas. “Avec un contrat annuel en moyenne de 800 heures, à un taux horaire de 11,37 euros sans compter les primes ni les indemnités de précarité, il s’agit d’un salaire d’appoint”, dénonce Jean-Sébastien Barrault. Ce dernier plaide pour une revalorisation des conditions de travail et souhaite un renouvellement des “contrats” et des “marchés publics” pour “offrir plus de temps” aux conducteurs. Pour lui, une augmentation du temps de travail pourrait permettre une hausse des salaires à clefs. 

La FNTV est actuellement en discutions avec les régions pour tenter de “rendre les contrats des chauffeurs plus attractifs”. Par ailleurs, l’Unostra évoque au Figaro sa volonté de dialoguer directement avec l’Executif, et pousse pour la création d’un secrétaire d’État aux Transports.

Read More

Leave a Reply

Your email address will not be published.